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Lait bio : des signaux de reprise

La consommation reprend de manière disparate en fonction des types de produits laitiers en GMS.

La consommation de produits laitiers bio repart, mais les cessations d’activité continuent dans les élevages.

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« Pour la première fois depuis plus de quatre ans, les volumes de produits laitiers bio consommés en grandes et moyennes surfaces (GMS) ont progressé en août, puis en octobre 2025 », partage Corentin Puvilland, agroéconomiste à l’interprofession laitière (Cniel). Les impressionnantes baisses de consommation à l’œuvre depuis 2021 se sont faites progressivement plus douces, avant de repartir à la hausse.

Ce constat d’ensemble cache des différences entre segments : l’ultra-frais reprend de nettes couleurs (+5 % en novembre par rapport à novembre 2024), tout comme les crèmes bio qui repartent aussi à la hausse. À l’inverse, le lait liquide bio ou encore le beurre continuent leur baisse. La consommation en GMS absorbe 75 % des volumes de produits laitiers bio. Quant aux magasins spécialisés bio, la reprise est plus nette encore. En écho à la demande, les fabrications bio progressent de nouveau après avoir été boudées par les industriels. En cumul sur les huit premiers mois de 2025, elles ont progressé de 3 % par rapport à 2024. Cette reprise concerne tous les segments, à l’exception du lait liquide.

L’offre diminue plus vite que la demande

Ainsi, les excédents de lait bio diminuent. « On assiste à un rééquilibrage à marche forcée entre offre et demande », constate Corentin Puvilland. En effet, si les signaux sont positifs du côté de la consommation, la baisse du nombre de livreurs bio continue de s’accélérer. De 4 300 livreurs au pic en 2022, les effectifs ont chuté à 3 641 en octobre ­dernier. L’écart de prix historiquement faible entre conventionnel et bio a poussé à la déconversion en conventionnel, qui pèse pour 80 % des arrêts. Conséquence, la collecte pourrait diminuer pour n’atteindre plus qu’un milliard de litres de lait bio à la fin de 2026. Un certain nombre de cessations en production bio sont déjà prévues pour cette année, mais la tendance pourrait ralentir dans les prochains mois.

En effet, la chute des cours des beurres poudres devrait moins inciter les industriels au déclassement. Jusque-là, la bonne valorisation des produits laitiers en conventionnel et l’absence de marchés pour la matière protéique bio créaient un manque d’intérêt à l’écrémage de lait bio pour des petites séries. Mais la reprise de la consommation et la baisse des cours devraient stimuler les fabrications bio. Le manque de matière grasse laitière bio va se renforcer au regard de la production en baisse sur les prochains mois.

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